• Joane

L'influence sociale, la tumeur de notre quotidien

Mis à jour : 3 sept 2019

Nous y voilà, le premier thème abordé au petit salon !

Kessy a souhaité aborder le sujet des "clichés de vie" pour reprendre ses mots. Je la remercie pour cette idée de sujet qui me touche particulièrement : la pression sociale.


Tonton Wikipédia nous dit que « l’influence sociale ou la pression sociale est l'influence exercée par un individu ou un groupe sur chacun de ses membres dont le résultat est d'imposer des normes dominantes en matière d'attitude et de comportement »

« Et toi tu fais quoi dans la vie ? »

« Alors après mon bac mention très bien obtenu à 14ans, j’ai atterri en doctorat peinture de ciel et me voilà 25 ans, j’ouvre ma quatrième structure et j’ai acheté un loft à New-York. Et toi tu fais quoi dans la vie? » Bon je suis un tantinet dans l’excès. Mais on en parle de cette pression ? Pression des études, pression de carrière, besoin d’impressionner les autres par son métier ou de discuter de son parcours sans rougir ? Yep, i feel you (on parle pas anglais nous?!). Pour ma part cette pression a été très forte jusqu'à dernièrement. J’étais une bonne élève, j’ai même sauté une classe, eu mon bac « tôt » et puis là…pause. J’ai testé plusieurs cursus qui ne me satisfaisaient pas pleinement; alors oui je réussissais mais étais-je heureuse et accomplie ? Non pas vraiment. Puis, là vient la pression des autres qui ont un destin tout tracé et savent depuis la maternelle ce qu’ils veulent faire. #STRESS


Quand tu prends une pause en cours de route et que tu aperçois au loin tes anciens camarades à un niveau supérieur au tien, parfois ça peut piquer.

« Mais tu étais brillant pourtant? Que s’est il passé? » « Tu as vu que Stephanie est devenue avocate?» « Tu as encore changé de voie? », cette pression est souvent très rude et je pointe du doigt en partie le système éducatif français binaire. Soit tu réussis, soit tu échoues. Ce système d’éducation carriériste qui t’oblige à savoir dès la seconde ce que tu veux faire ou dans quelle voie tu veux t’orienter, très peu pour moi.

Ma première année post-bac au Québec, j’étais la plus jeune de l’amphithéâtre et je me suis retrouvée sur les bancs de la fac avec des jeunes de 20 ans comme des mères de famille de 50ans et ça ne choquait personne, c’est la norme là bas. De retour en Guadeloupe, ce fut le premier choc de culture. En France, on ne parle pas d’intelligence émotionnelle ou d’expériences, on veut savoir quelle école tu as fait, avec quelle mention et quel poste tu comptes occuper.

Puis la pression de ne pas décevoir tes parents, ta famille, ton entourage et leurs rêves qu’ils veulent inconsciemment ou tacitement réaliser à travers toi. #PASLAJOIE

Eh bien j’aimerais te dire une chose à toi qui te sens peut être concerné, ce n’est pas grave. Ce n’est pas grave de ne pas savoir tout de suite ce que tu veux faire, ce n’est pas grave de ne pas être avocat au barreau, ce n’est pas grave d’avoir changé de voie trois fois ou même d’échouer. L’essentiel est que tu sois heureux, que tu trouves après 150 essais ce qui te fais plaisir. Ma maman (aka Boss Jacqueline) m’a toujours dit une chose « si tu veux être éboueur, arrange toi pour être le meilleur éboueur qui existe ». Petite je trouvais ça un peu farfelu « je veux pas être éboueur ça pue » (phrase à dire avec une voix d’une fillette de 8ans) mais avec le recul des années, je crois qu’on devrait tous appliquer cette phrase. L’essentiel est que tu sois épanoui et le meilleur dans ce que tu fais. Donc merci Nenette.


« Tu as vu son dernier post sur Instragram ? Elle était en Roadtrip au Canada, sa vie est vraiment chill »

Aaaaalala les réseaux sociaux… Nous y arrivons. C’est vu et revu, on a bien tous imprimé qu’ils ont un effet néfaste sur nous. Attention je ne fais pas partie des personnes qui maudissent les réseaux, j’ai eu Twitter, j’ai Facebook, Snapchat et bien sûr l’incontournable Instagram ! Mais qu’est ce que ça nous met la pression quand même. Cette course du like et de la pseudo perfection. Sur les réseaux, tout le monde est beau, riche, hustler, mange sain, fait du sport. Les phrases de motivation « boss lady », les filles qui brunch tous les jours, les gars qui ont les abdominaux dessinés, les dents blanches et le carré toujours bien fait. Ces stars ou influenceurs qui voyagent chaque mois, ont des photos dignes des magazines, sont même payés pour s’amuser…

Stephanie a toujours les ongles fait, mange dans des endroits huppés, coiffée et maquillée puis il y a toi. Les quatre nattes, les ongles rongés, ton grand t-shirt publicitaire et ton plat surgelé - j’exagère un peu l’exemple sauf pour le grand t-shirt, mais tu as compris le concept. Et malheureusement, souvent cette pression conduit à l’envie. « J’aimerais trop voyager autant » « J’aurais bien envie d’avoir la même relation avec untel » donc tu te compares systématiquement et te retrouves à faire des « photos  Instagrammables » pour toi aussi être bien vu et rentrer dans ce moule des personnes qui ont l’air d’avoir une vie parfaite (et qui mettent la pression aux autres). Cercle vicieux.

Bien sûr je comprends l’esthétique des photos que tu recherches, c'est toujours mieux mais de grâce fais le pour toi. Si tu trouves palpitant de faire une photo de ton chat, publies la sans te demander « est ce que ça vaut 300 likes et quelques partages? » #JUSTBEYOU

Garde en tête que derrière les super photos et les super vies il y a peut être 4h de photoshop. La tienne est surement plus belle et tout a fait naturelle (je fais des rimes).



Youporn, je ne suis ni Mandingo ni Rocco Siffredi ! 

Les hommes qui me suivent sur Instagram ont pu répondre à ce fameux sondage qui a fait sourire plus d’un. « Messieurs ! Lors de votre premier rapport avec une nouvelle personne, ressentez vous de la pression? ».

62 % ont répondu que la pression ou l’appréhension de ne pas être à la hauteur était bien présente. Et là, je pointe du doigt les films pornographiques ! Ce sentiment de pression est à mon avis directement lié à ces acteurs aux sexes surdimensionnés qui durent des heures sans s’arrêter. Inconsciemment, cela suppose que c’est une norme or il s’agit en réalité d’une fiction. Cette idée est renforcée par plusieurs retours suite à ce sondage. Et il y a assurément un lien avec le porno, il faut l'entendre et le comprendre.

«On a été élevé (homme comme femme) avec ce modèle pornographique et au premier rapport avec un nouveau partenaire, on attend de l’homme un certain niveau d’expérience. Ce n’est pas forcément l’apparence physique mais réellement la performance qui a pris le dessus. Et qu’on le veuille ou non, cette pression de performance est plus ressentie par l’homme puisque c'est lui qui mène principalement la danse. On attend de l’homme qu’il soit un super héros du sexe. Et cela met d’autant plus la pression puisqu’à l’issue de ce rapport un compte rendu sera fait aux copines et donc à l’ensemble de la société. On ne va pas se mentir, en Guadeloupe tout va très vite. On se sent emprisonné comme dans un cercle vicieux, la pression de la performance entraine des difficultés d’érection parce qu’on ne se sent pas a l’aise et ces derniers génèrent du stress et de l’angoisse.C’est à ce moment que les femmes doivent prendre conscience de cette pression et savoir nous mettre à l’aise» m'a relaté Yann

De plus, cette société patriarcale qui a toujours mis en avant l’homme fort, qui ne se trompe pas et qui gère toutes les situations…à la limite du sexisme, eh ben ça fout la trousse ! Je ne suis pas un homme et je suis féministe dans l’âme mais il faut admettre qu’ils prennent pour leur grade aussi ces petits . L’homme est fort, l’homme sauve la demoiselle en détresse et surtout l’homme ne pleure pas. Sérieusement? L’homme ne pleure pas? Eh ben la pression sociale c’est aussi ça, une majorité d’homme s’empêche de pleurer ou d’exprimer leurs émotions parce que « c'est pour les filles » ça. Ce n’est pas juste, et on devrait pouvoir en parler sans tabou. Alors messieurs, libérez vous, pleurez un bon coup et si jamais la première fois avec une nouvelle personne n’est pas la bonne ce n’est pas bien grave parce que « prémyé kou pa kou ».



Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants...

« Toutes tes copines ont des enfants, et toi? » a-t-on dit à Khloé.

Le stress de l’utérus d’une femme qui ne lui appartient pas, c’est un classique. À partir de la vingtaine, la femme fait un don de son utérus. Oui oui, c’est bien ce que j’ai dit.

Début vingtaine si tu dis que tu ne veux pas d’enfant, on essaye te convaincre que tu ne sais pas encore ce que tu veux, fin vingtaine on te stresse en te disant que tu ne dois surtout pas attendre les trente ans sinon ça sera tard. Début trentaine, « attention l’horloge biologique ne t’attendra pas ma chérie » et fin de la trentaine « ça va devenir compliqué pour toi. L’adoption tu y as pensé? ». Ces personnes ce sont-elles posées la question si tu voulais ou même si tu pouvais enfanter? Qui a décrété qu’une femme avait pour obligation d’avoir un enfant?

« Quand je dis que je ne veux pas d’enfant alors là c’est le pompom. La société ne conçoit pas qu’une femme ne veuille pas enfanter » m’a expliqué Johanna assez amère.

Cette année, j’ai eu + de 5 grossesses dans mon entourage CINQ ! Alors il faut savoir que j’aime plus que tout au monde ces petits bouts vraiment, mais les remarques « Bientôt Joane c'est à toi », « Attention c’est contagieux tu seras bientôt dans le crew » et j’en passe… une ou deux fois c’est (presque) drôle mais à la longue, de grâce! Et si je ne voulais pas? Ou pire…si je ne pouvais simplement pas?! Laissez mon utérus en paix.

Vanille et Johanna sont toutes les deux magnifiques, intelligentes et âgées de 26 ans. Dès qu’elles prononcent le mot célibat toujours les mêmes remarques. « Mais tu es si jolie pourtant qu’est ce qu’il se passe? » « Avoue tu es chiante c'est ça le problème? » « Tu es peut être lesbienne et tu ne le sais pas encore » « Est ce que tes standards ne sont pas trop élevés? » On considère le célibat comme une étape de transition dans laquelle on ne doit pas rester trop longtemps. Surtout pour les femmes; 4 mois célibataire ça fait du bien, mais à partir d’un an les remarques désobligeantes commencent. « Attention tu es célibataire avec un chat on sait comment ça finit » Et cette pression vient souvent des proches qui disent « juste comme ça » sans mauvaise intention.

« Ça part d'un bon sentiment, pour t’enculer gentiment » a dit un grand philosophe martiniquais

« Et le mariage, c'est pour quand ? » « Ça fait plus de quatre ans que vous êtes ensemble, pourquoi vous ne vous marriez pas? » C’est encore autre chose. Qui a dit qu’une femme devait forcément se marier puis avoir un enfant? Le mariage a pendant longtemps été considéré comme un aboutissement pour une femme, on pouvait dire d’elle qu’elle était accomplie avec un bon mari. #PITIÉ

Dieu seul sait que je veux me marier un jour, faire ma princesse avec ma super robe etc. Mais la question est : en ai-je réellement envie ou ce n’est que le résultat d’une influence sociale? Et si au final je ne voulais pas me marier? Est ce que je serais moins accomplie ou moins heureuse? Mais surtout dans la vie des autres, ça changera quoi? Rien, mais pourtant la pression subsiste.



Pression sociale, on t’emmerde.

Le terme est grossier mais maintenant c’est bon on n’en peut plus, il faut dire stop. Je n’ai cité que quelques influences sociales mais il y en a tellement…

On nous a conditionné à croire que nous devions tous rentrer dans un moule précis et qu'en débordant de ce dernier, nous serions des êtres à part. À toi homme ou femme qui te sens sujet à une quelconque pression ou en retard à certains niveaux, sache que tu ne l'es pas.

Tu es pile à l'heure pour ton timing et non celui des autres. Même si parfois tu as cette impression que tout le monde avance plus vite, prends ton temps. Tout vient à point à qui sait attendre, donc reste focus sur ton emploi du temps.

Le meilleur moyen de cesser ces pressions sociales est de communiquer avec les autres. En partageant nos expériences, nos ras-le-bol et nos ressentis nous augmenterons notre tolérance envers les autres. Et puis pour les plus courageux, parce que ça demande une grande fermeté, il faut juste dire Fuck off et envoyer bouler toutes les pressions (je n’ai moi non plus pas encore ce courage, mais j’y travaille).

Crois moi, il y a bien plus de personnes que tu ne le penses qui commencent de nouvelles relations, reprennent des études, ne veulent pas d'enfant, changent de travail pour faire ce qui les passionnent depuis toujours. Il n’y a ni bon, ni mauvais exemple de vie - tu fais juste du mieux que tu peux et honnêtement tant que tu es heureux, c’est l'essentiel.

Ceci est ton rappel de vie, peu importe où tu te trouves dans la vie, tu n'es pas en retard. Tu n'es pas en avance. Tu n'es pas au dessus mais tu n'es pas non plus en dessous. Tu es juste exactement où tu dois être.

Si tu as un retour sur ce sujet, que tu souhaiterais le compléter en faisant part de ton avis ou simplement partager à quelqu'un qui en aurai plus besoin que toi, n'hésites pas !

En espérant que la lecture te fut enrichissante et agréable.

Allez, bisous ensoleillés !



  • Grey Instagram Icon
  • Grey Pinterest Icon

© 2019 by Jojo Turlep